mercredi 9 mai 2012

Aidons Jean-François Copé

Je ne suis que bonté, je vais aider Jean-François Copé et les cadres de l’UMP dans toutes leurs tâches, sous trois angles. Petit 1 : l’UMP doit se reconstruire au niveau local. Il faut empêcher la spirale qui fait que les élections locales sont toutes perdues. Petit 2 : les accords avec le FN ne doivent pas être faits (ce qu’a d’ailleurs rappelé M. Copé). Petit 3 : il faut un programme.

Je vais ajouter un quatrième point : perdues pour perdues, autant risquer la raclée, pour ces élections. Ca ne changera pas grand-chose si l’UMP se retrouve avec moins de 100 députés, ce qui, a priori, ne risque même pas d’arriver. Le PS s’était retrouvé en slip en 1993 (une centaine de députés pour toute la gauche, 53 pour le PS). Le Premier Ministre RPR qui est arrivé ensuite a pris une grosse claque à l’élection présidentielle suivante et les socialos devenaient majoritaires, avec leurs alliés, en 1997.

En poussant le bouchon un peu loin, on pourrait même arriver à démontrer que l’UMP aurait intérêt à permettre aux socialos d’avoir la majorité absolue pour qu’ils ne soient pas obligés de gouverner avec les cocos. Les socialos seraient alors les seuls boucs émissaires de tout ce qui pourrait arriver de mal aux Français et être balayés à l’élection suivante.

Reprenons.

Petit 1 : l’UMP doit se reconstruire au niveau local

L’UMP a perdu toutes les élections locales depuis 2002 si ma mémoire est bonne. Il faut stopper l’hémorragie parce que, fatalement, l’UMP se coupe des militants et les élus (ou plutôt les non élus !) locaux font la gueule. Ils ont l’impression que les décisions prises au niveau national les font perdre.

C’est le cas de la réforme territoriale qui fera diminuer le nombre d’élus locaux de manière considérable et qui obligera les sièges des partis et désigner les candidats. Cette réforme territoriale est une hérésie : ce n’est pas en supprimant des élus qu’on renforce la démocratie. Et elle ne servira pas à grand-chose. Le principal argument mis en avant est mauvais : elle ne dégagera aucune économie (le coût des collèges et lycées, de l’entretien des routes, du RSA ne changera pas si on change la gouvernance des échelons qui en ont la responsabilité. Au contraire, même…).

C’est une des raisons qui doit pousser l’UMP à laisser la gauche gagner : abroger cette réforme ce qui permettra de sauver des milliers de postes détenus par l’UMP. C’est autre chose que les 50 ou 100 députés que l’UMP pourrait sauver…

Petit 2 : les accords avec le FN ne doivent pas être faits

Au moins, avec Jean-François Copé, on est d’accord sur ce fait.

Environ 60% des électeurs UMP sont pour des accords mais en faisant une règle de trois, ça fait 70% des électeurs « tout court » qui sont contre ! On ne se met pas à dos 70% des électeurs… La plupart des électeurs du FN votent pour le candidat de l’UMP si leur parti n’est pas présent au second tour (sauf à la Présidentielle mais le rejet de Nicolas Sarkozy l’a probablement emporté). Ce n’est pas la peine d’aller chercher leurs voix, elles viennent naturellement. Nicolas Sarkozy a fait une grosse erreur : ce qui a bien marché au premier tour en 2007 n’avait rien à faire dans le second tour de 2012. Nicolas Sarkozy aurait gagné 2007 sans siphonner les électeurs de Jean-Marie Le Pen qui, de toute manière, n’auraient pas voté pour Ségolène Royal. Par contre, ça a fait fuir les électeurs centristes qui n’ont, cette fois-ci, pas trop hésité à voter pour François Hollande.

Electoralement, l’UMP doit continuer à servir de rempart républicain contre le Front National. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais tant pis. L’UMP peut utiliser le thème de l’immigration, le laxisme supposé de la gauche dans ce domaine mais ne doit pas stigmatiser les électeurs : ça énerve les centristes et ça fait se couper d’environ 2 millions d’électeurs musulmans.

Petit 3 : il faut un programme

Je ne suis pas le mieux placé pour faire un programme de droite mais un des cadres de l’UMP a dit que le programme de l’UMP serait le projet du candidat. C’est une erreur grossière : ce projet a été refusé par les urnes.

Une partie des fondements de ce programme sont contraires à ce qui faudrait à un programme de droite, libéral et tout ça. Tiens ! Nicolas Sarkozy qui s’assoit sur les corps intermédiaires et veut passer par referendum. Ca équivaut à permettre à l’état de tout maitriser, de légiférer sur tout. Par exemple, son referendum pour obliger les chômeurs à suivre une formation. Comment un libéral pourrait-il tolérer qu’on oblige à la formation par une loi non négociée par les forces élues pour représenter les travailleurs, même s’ils n’aiment pas spécialement les syndicats ? Enfin, je crois… C’est tout le fondement de ce qu’a mis de Gaulle (entre autres) en place qui s’écroule : comment un Gaulliste peut-il voter pour cela ?

L’UMP doit ressortir le projet validé par les militants, qui seront bien plus disponibles pour le défendre qu’un projet qui les a déjà fait perdre une élection… et du temps. Les militants seraient contents d’avoir contribué…

Conclusion

L’UMP devrait mener cette bataille en ne pensant qu’à elle-même, se recréer progressivement. Elle doit se centrer sur ses militants et ses élus locaux.

On dit qu’elle explosera après l’élection… On imagine par exemple une branche « droite populaire » qui quitterait le parti. Qu’importe ! Le RPR n’a jamais été aussi fort qu’avec un centre fort et une opposition forte, sur sa droite, notamment représentée par Charles Pasqua.

Ainsi, la survie de la droite électorale, en France, passe nécessairement par une défaite à cette législative d’autant qu’avec la merde actuelle, l’UMP ne perd pas grand-chose à laisser le PS se dépatouiller.

En politique, il y a toujours des hauts et des bas. Nicolas Sarkozy, par exemple, a été très bas. En 1999, il a mené le RPR à une cuisante défaite, à cause de « ce » Charles Pasqua qui s’est présenté contre lui. Ca ne l’a pas empêché de devenir rapidement un élément clé du gouvernement puis, Président de la République. Trois ans après 1999 (et cinq après 2007) a commencé une période de 10 ans de plein pouvoir pour le parti qui avait été laminé.

1 commentaire:

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